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My North Eye au sommet de son art (© Freddy Lamme)

Le Rouennais Yann Lafosse poursuit l’aventure solo de My North Eye, avec une sortie d’album et un concert à l’Almendra, le jeudi 23 février 2017, où il partage la scène avec House of Wolves. Nous avions des questions, il avait des réponses. Il n’en fallait pas plus pour faire une interview.

Il paraît qu’un disque de My North Eye est sur le point de sortir. Qu’en est-il exactement ?

C’est un nouvel album avec 40 minutes de musique. Une micro-édition de 40 exemplaires, cela va rendre l’objet rare ! Il n’a pas vraiment de nom, disons qu’il s’appelle « My North Eye II ». On navigue dans le même univers que dans le disque précédent, avec le même son, mais j’ai poussé mon idée plus loin, en y ajoutant deux morceaux instrumentaux par exemple. Il a un côté plus « drone » je trouve.

Dans quelles conditions l’as-tu préparé et enregistré ?

J’étais très content du disque précédent, j’ai d’ailleurs repris les mêmes instruments : guitare sèche, harmonium, guitare électrique et grosse caisse. Le premier album était une collection de morceaux, celui-ci s’écoute plutôt en un seule bloc, en boucle. Il a un côté répétitif qui m’intéressait beaucoup, avec un morceau instrumental de 12 minutes pour se perdre au milieu. Quant à l’enregistrement, il a la particularité d’avoir été effectué chez David Fontaine en deux jours… mais à 8 mois d’intervalle entre les deux. Une coupure de courant nous avait empêché d’enchaîner deux jours à l’époque. Au final, c’est le disque que j’avais imaginé. Avec David, on se connaît bien, ce qui nous permet aussi d’accepter les petites imperfections des morceaux, c’est même ce qui en fait leur intérêt.

Dans quel état d’esprit étais-tu lorsque tu as composé ?

J’ai été très inspiré et plutôt productif pendant deux ou trois ans. C’est moins le cas aujourd’hui, mais ce n’est pas très grave : j’ai encore deux disques d’avance avant de passer à autre chose. Lorsque j’écris mes chansons, je ne pense pas du tout à la scène. Certains sont même impossibles à reproduire seul en live. Je mets beaucoup de sincérité dans mes chansons, quand on n’est pas Américain, on a plutôt intérêt à être sincère, sinon ça se voit tout de suite. Après, mes textes ne parlent pas de grandes routes aux États-Unis ou du diable, c’est plutôt de l’auto-fiction. J’ai fait ce disque car j’avais des choses à exprimer.

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My North Eye et sa musique incandescente (© NünooD)

Tu as récemment évoqué l’influence de la chanteuse Nico dans ton travail, en quoi est-ce une inspiration ?

Oui, je vais encore réécouter son œuvre prochainement. Ce qu’elle fait avec l’harmonium est absolument génial et inatteignable. Il y a beaucoup de choses minimalistes dont je m’inspire dans ce qu’elle faisait. Des choses un peu indiennes aussi. L’inspiration vient également du Velvet Underground, de Swans…

Content de retrouver la scène ?

Oui, avoir la date de Rouen m’a d’ailleurs permis de construire une petite tournée avec des dates à Paris, Mouscron, Bruxelles ou Caen. Je suis toujours content de faire des concerts, même si j’ai des doutes sur le fait que les gens réécoutent un disque après. Je suis toujours autonome sur scène, je joue tous les instruments. Je travaille beaucoup en amont pour ne pas avoir à réfléchir en live. Quand je termine mon set, je dois être content de moi. Le côté capuche, c’est pour mieux entrer dans le son, me barrer dans ce que je peux faire de mieux.

Deux morceaux de My North Eye en écoute ici : mynortheye.bandcamp.com

House of Wolves + My North Eye – Jeudi 23 février – 20h30 – Théâtre l’Almendra – Rouen – 10€ (8€ adhérents Europe and Co) – Places disponibles à la librairie Le Rêve de l’escalier ou par mail : europeandco@gmail.com

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